Cahiers du cinéma Spécial Jean Eustache, p. 26, supplément au n° 523, 1998, « Il faut que tout s’Eustache. Quelques souvenirs de Pierre Cottrell » par Serge Toubiana

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« La Maman et la Putain relate des événements biographiques dans la vie de Jean. (…) Et il y a ce personnage fantastique, Marinka, une infirmière de Laennec, une fille géniale qui a énormément contribué au film. Jean ”mettait en scène” des confrontations entre ces femmes ; il lui arrivait de planquer un magnétophone dans l’appartement, pour ensuite aller au café d’en bas, à l’angle de la rue de Vaugirard et du boulevard Pasteur, pour décrypter les bandes.
(…) Il a écrit et réalisé
La Maman et la Putain en piquant énormément à la réalité et à la littérature. Il disait même : “Impossible de publier le scénario, il y a trop de tartines tirées de Bernanos, de Genet, etc.” On avait donc le scénario. La formule de production devait être celle de Ma nuit chez Maud, qui elle-même copiait celle de L’Enfance nue de Pialat : une alliance de coproducteurs qui permettait d’avoir le muscle assez fort pour pouvoir diffuser le film. Le budget était de 700 000 F, sur lesquels j’avais ces 300 000 F prêtés par Rafelson, qui permettaient d’entreprendre la fabrication du film. Le reste  – les labos et ce qui restait à payer aux techniciens – serait payé avec les recettes du film. Quant aux coproducteurs, ils ne faisaient qu’investir une part de leur loi d’aide, qu’ils récupéraient par la suite… »

Le Monde, 1998, « Pierre Cottrell, producteur : Il n’est pas mort dans la misère… » par Jacques Mandelbaum, à propos de la rétrospective Jean Eustache au centre Pompidou.

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« Il ne faut pas négliger la part de provocation dans le succès de celui-ci [La Maman et la Putain] pour des raisons aujourd’hui incompréhensibles. Par exemple, nous avions eu besoin de faire fabriquer, pour les besoins d’un plan, un faux France-Soir. Les patrons du journal ont exigé que nous changions le titre du film ! On l’a d’ailleurs fait jusqu’à ce qu’on obtienne l’exemplaire : pendant quelques semaines le film s’est appelé Du pain et des Rolls. »

Cahiers du cinéma n° 653, 2010, p. 17, « Pierre Cottrell et Pierre Rissient » par Serge Bozon

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« [— Cottrell, pourquoi disparaissez-vous des génériques de Rohmer (…) ?] P.C. Je crois que Rohmer m’en voulait de travailler avec Bresson [Cottrell avait acheté les droits de Quatre Nuits d’un rêveur pour les Etats-Unis et le Canada] (NB : à la demande de Bresson), surtout qu’il avait déposé chez Mag Bodard une adaptation de La Douce de Dostoïevski qu’il avait titrée Une femme douce, titre dont il se considérait l’auteur. Alors quand il a vu celui de Bresson…Il faut dire aussi que, deux mois après la fin du tournage de L’Amour l’après-midi, j’enchaînais sur celui de La Maman et la Putain. »

Hommage à Pierre Cottrell - Cinémathèque française – juin 2011

Dialogue avec Serge Toubiana – Extrait

L’intégrale du dialogue

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« Mercredi 22 juin, Pierre Cottrell était tout intimidé lorsqu’il m’a accompagné sur le devant de la salle Henri-Langlois pour ouvrir l’hommage que lui rend la Cinémathèque française en programmant plusieurs films qui, à plus d’un titre, lui doivent quelque chose – ce soir-là était projeté Mes petites amoureuses de Jean Eustache. Ses amis étaient très nombreux, et il m’a semblé qu’il y avait pas mal d’émotion à l’entendre dire, de sa voix douce, deux ou trois choses de ce que fut son itinéraire de producteur et de cinéphile depuis le début des années soixante, son admiration pour Rohmer, son amitié tumultueuse avec Eustache, sa complicité avec Roger Corman et Jack Nicholson… »

Revue en ligne Mouvement.net, 21 juin 2011, « Cottrell, l’ami fidèle » par Jérôme Provençal

http://www.mouvement.net/critiques/notices-doeuvres/cottrell-lami-fidele

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« Il ne possède sans doute pas l’étoffe romanesque de Gérard Lebovici, de Jean­-Pierre Rassam ou même de Claude Berri, [NB : trois personnalités auxquelles Pierre Cottrell avait eu affaire dans l’exercice de son métier : le premier, agent des interprètes de Ma nuit chez Maud, pour négocier leurs contrats ; le second lorsque Rassam lui avait proposé d’unir leurs talents en 1968, ce qu’il avait refusé, estimant qu’ils ne pourraient pas s’entendre ; le troisième avant le tournage de Mes petites amoureuses, lorsqu’il cherchait un distributeur, offre déclinée par Berri] et n’éveille guère la curiosité des gazettes. Pourtant, il a joué un rôle important dans la gestation de certains des films les plus emblématiques du cinéma d’auteur français des années 1970 et 1980 (...) »

 

Jacques Richard Radio Libertaire juin 2011
 

Entretien avec Jacques Richard pour Radio Libertaire, 30 juin 2011

25 entretiens réalisés par J. Richard et publiés dans « Le Cinéma libertaire et libertin », L’Harmattan, 2015

Fichier son de l’émission

Texte de l’entretien Radio_Libertaire.pdf

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[MES PETITES AMOUREUSES] JR : (…) C’est un film qui n’a pas connu le succès du tout, alors que c’est un film superbe. Que s’est-il passé ? Il n’a pas eu le succès que vous espériez. 
 «  (…) on a eu une bagarre avec les critiques de cinéma dans laquelle Bory a rejoint ses collègues. Eustache avait refusé à un critique l’accès à une projection de la copie zéro. Il faut dire que le critique en question avait écrit : « Nous connaissons bien les gens qui ont fait ce film, l’un tient une sébile dans la main gauche, tandis que l’autre tient un cocktail Molotov dans la main droite. » Il a convaincu l’Association de la critique de cinéma de boycotter le film, pendant sa première semaine en tout cas. La critique de Bory est tombée quinze jours après la sortie du film. Sur La Maman et la Putain, il avait fait une espèce de double critique, dans laquelle il disait tout le mal qu’il pensait du film en même temps que tout le bien qu’il en pensait. C’est assez original… »


Revue Mettray, septembre 2013 - entretien réalisé par Didier Morin et Marguerite Vappereau

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[à propos de La Maman et la Putain] « — Qui d’autre a mis de l’argent dans le film? Pierre Cottrell : Oh, c’était assez compliqué. Nous avions assez d’argent pour arriver à une copie zéro, mais l’expérience de Ma nuit chez Maud m’avait appris que des coproducteurs pouvaient aider. En fait, il n’en a rien été parce qu’ils ont payé avec le fonds de soutien et leurs versements sont arrivés lorsque le film était fini. Il y avait cinq sociétés dans la coproduction. Mais vous savez les coproducteurs n’étaient là que de nom. » 

Catalogue exposition Henri Langlois : « Il était le pilier du cinéma », dans Le musée imaginaire d’Henri Langlois, Dominique Païni, p. 96, Flammarion, La Cinémathèque française, 2014.

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« … Langlois, il a dû voir tous les films jusqu’en 1950, mais ensuite il n’en a plus eu le temps. Il s’intéressait davantage à la génération naissante. Il n’était pas Patrick Brion, ce n’était pas quelqu’un qui était capable de t’expliquer les merveilles de Vincente Minelli. Sa présence suffisait, tout était affaire de charme et de présence. Il attirait les gens comme ça… »