Par ordre chronologique

Blog de Serge Toubiana
http://blog.cinematheque.fr/?p=2552

« En hommage à Pierre Cottrell, dont nous venons d’apprendre la disparition, aujourd’hui, 24 juillet 2015. La Cinémathèque française lui avait rendu hommage en juin 2011, en l’invitant et en programmant des films auxquels Pierre était lié, intimement lié, des films qui parfois, souvent, n’auraient pu voir le jour sans lui, sans sa contribution essentielle et originale. Au-delà de son rôle dans le cinéma, on retient aussi la personnalité excentrique du personnage, secret et passionné, cinéphile et connaisseur. On ne saura jamais tout de lui, tant il était mystérieux, mais on gardera le souvenir d’un être entièrement dévoué au cinéma. »

Blog Louis Skorecki – 25 juillet 2015
http://skorecki.blogspot.fr/2015/07/pierre-cottrell-est-mort-on-le-voit-ici.html

« Pierre Cottrell est mort, il a marqué le cinéma, moi il m’a marqué à vie... »

« Cottrell, Pierre (1945-2015), Une vie, une œuvre »
Revue Jeune Cinéma, 25 juillet 2015

http://www.jeunecinema.fr/spip.php?article775

« (…) Son nom ne dira rien, sinon aux amateurs de films américains en VO dont il fut, souvent associé à Bernard Eisenschitz, un des sous-titreurs les plus pertinents et les plus exigeants. Lorsqu’apparaissait au générique la mention "traduction de Cottrell-Eisenschitz", on pouvait être certain et de la qualité de cette traduction et de celle du film, car on ne faisait pas appel à eux pour du tout-venant (…) Ce voyage d’apprentissage laissa des traces : rarement itinéraire fut aussi peu carriériste que celui de Cottrell, entièrement gouverné par l’impulsion et le coup de cœur (…) Il fut avant tout un personnage remarquable, esprit libre et insaisissable, promeneur du 14e arrondissement, où on pouvait le voir surgir au hasard, sortant du club d’échecs du café afghan à deux pas de chez lui, ou chinant place Jacques Demy les jours de brocante de livres. »

 

« Pierre Cottrell, le producteur de “La Maman et la Putain”, est mort »
Leo Moser pour Les Inrocks, 26 juillet 2015 

http://www.lesinrocks.com/2015/07/26/cinema/pierre-cottrell-le-producteur-de-la-maman-et-la-putain-est-mort-11763656/

« (…) Producteur talentueux et cinéphile total, il fut aussi l’un des grands noms du sous-titrage, s’échinant à diffuser à travers le monde son amour inconditionnel pour le cinéma. Mort à l’âge de 70 ans, Pierre Cottrell aura marqué le 7e Art d’une empreinte aussi discrète qu’indélébile. »

[L’auteur de cet article ne disposait pas des éléments nécessaires (l’interview de P. Cottrell par Serge Toubiana pour les Cahiers du cinéma  en 1998, ou celle parue dans le n° 653 « Rohmer for ever »), aussi lui arrive-t-il de se tromper dans les lieux et les dates.] :
Chronologie exacte des événements :
1. En 1969, Pierre Cottrell est producteur exécutif de « Ma nuit chez Maud » pour le compte des Films du Losange, dont il est un actionnaire très minoritaire, les autres actionnaires étant Barbet Schroeder et Eric Rohmer. Il a rejoint la société à son retour des Etats-Unis, en avril 1964. Il assumera de nouveau la fonction de producteur exécutif sur Le Genou de Claire et L’Amour l’après-midi. Quelques mois après avoir mis en place la sortie américaine de ce dernier film, en 1972, il quitte le Losange à la suite d’un désaccord avec Schroeder et Rohmer. Le tournage de « La Maman et la putain » commence deux mois plus tard, à travers Elite Films, une société qu’il a rachetée.
2. A New York, en 1963, il a rencontré Otto Preminger et Walter Wanger, et travaillé brièvement avec Jonas Mekas. Ce n’est qu’en 1969, quand Easy Rider (qui révèle Jack Nicholson) est sélectionné au festival de Cannes, qu’il fera la connaissance de Bert Schneider et de Bob Rafelson, deux des producteurs. C’est Jack Nicholson qui lui a ouvert les portes de BBS. En effet, Nicholson est un ami depuis avril 1966, époque où il a débarqué à Paris chez Pierre Cottrell (sur la recommandation d’un ami commun, Carlos Clarens) avec les deux films qui ont fait connaître Monte Hellman en France, The Shooting et l’Ouragan de la vengeance. Dans cette même période, outre son travail aux Films du Losange, il met en place pour Roger Corman (auprès de qui il est introduit par Nicholson) la production de deux films ambitieux qui seront tournés en 1967 dans plusieurs pays européens : The Wild Racers, une fiction qui se déroule sur les principaux circuits de Formule 1, réalisé par Dan Haller, et Target Harry, tourné à Monte Carlo et à Istanbul par Corman avec un acteur culte de séries TV américaines : Vic Morrow.
3. Pierre Cottrell ne s’est jamais présenté comme producteur des Mauvaises Fréquentations, tourné en 1963. C’est Jeannette Delos, la femme de Jean Eustache, qui en aurait assuré le financement. 

« Mort de Pierre Cottrell, producteur Nouvelle Vague »,
Julien Gester pour Libération, 27 juillet 2015

http://next.liberation.fr/cinema/2015/07/27/mort-de-pierre-cottrell-producteur-nouvelle-vague_1354801

« (…) Françoise Lebrun, actrice de la Maman et la Putain, évoque « un homme chez qui la part d’invention et de liberté pouvait être déroutante, jusque dans sa manière de glisser des digressions poétiques dans les feuilles de service. C’était quelqu’un d’attentif, inventif et généreux, comme un deus ex machina bienveillant qui planait au dessus de nous. Je ne sais pas bien ce qui pouvait l’arrêter…»
Paul Vecchiali :«…un garçon très vif, malin, qui a beaucoup œuvré pour les films des autres, parfois dans l’ombre, aidant Eustache comme je l’avais vu précédemment sauver la mise pour Bresson à l’époque de Quatre Nuits d’un rêveur. C’était un personnage très important du cinéma français d’alors. »  

Manon Derdevet pour Le Figaro, 27 juillet 2015  

« Après plus de cinquante ans d’un parcours éclectique, son travail laisse une trace majeure dans l’histoire du cinéma. En 2011 déjà, la Cinémathèque Française avait rendu hommage à cette cinéphilie créatrice qui avait valu à Pierre Cottrell cette si belle carrière. »

Blog de Ben Slater - Thursday, July 30, 2015
http://sporeana.blogspot.fr/2015/07/remembering-pierre-cottrell.html

«  (…) Although he’d rather have been producing films, Pierre’s mastery of language lent itself to the subtitling gig, and anyone who’d spent time with him and/or received letters, emails or memos from him knew how he prided himself on wordplay and poetic turns of phrase (in French and English). There’s a quote in Gester’s obituary about how as a producer he would write beautiful things on mundane production paperwork. That’s very Pierre. I’ve seen many of the memos he wrote for his director during the Saint Jack shoot, and even though  his relationship with Bogdanovich was fractious, each one is courteous, friendly and perfectly constructed. He was, as our friend Michel says, a man of letters. (…) »

« Pierre Cottrell, l’électron libre »
par Nicolas Azalbert, avec des contributions de Roger Corman et Bob Rafelson, Cahiers du cinéma n° 714, septembre 2015, p. 91  

« … Pierre Cottrell incarnait les années 60-70, c’est à dire un souffle de liberté, de fantaisie et d’enthousiasme (…) il n’avait que faire des frontières et des titres, inventant des ponts entre les pays et les gens pour écrire une page de l’histoire du cinéma totalement folle qui a fait se côtoyer, entre autres, Eric Rohmer et Roger Corman, Jean Eustache et Bob Rafelson. »

« Un esprit libre », par Hubert Niogret, Positif, octobre 2015.

« C’était un esprit indépendant qui ne produisait pas de films formatés… Pierre Cottrell, qui s’est construit à partir de sa relation avec Eric Rohmer, a été au centre de ce qui se produisait de plus intéressant dans le cinéma d’auteur français, dans la période post-soixante-huitarde. »

Rectificatif publié dans Positif, novembre 2015, p. 60 :
« Edith Cottrell tient à apporter les précisions suivantes sur la nécrologie de Pierre Cottrell (n° 656, p.72): Pierre Cottrell était producteur associé sur More (producteurs Barbet Schroeder et David Lewis) ainsi que sur L’Anglaise et le Duc (producteur François Ivernel pour Pathé). Par ailleurs, la photo de Pierre qui illustre le texte n’a bien sûr pas été prise à Singapour en 1978 pendant le tournage de Saint Jack, mais durant les deux ou trois dernières années. »
PS : Et un rectificatif de plus à l’intention des lecteurs de Positif : la photo illustrant l’extrait d’un livre à paraître sur Jean Eustache par Luc Béraud, publiée dans Positif n° 659 décembre 2015,n’est pas une photo de plateau de La Maman et la Putain, comme l’indique la légende – un sort contraire affecte les légendes photos à Positif – mais une photo du tournage à Narbonne de Mes petites amoureuses, attestée par l’enseigne du café des Quatre-Fontaines.